Rien ne bouge ; Rouge sur blanc, tout fout le camp !

« Arrête, arrête j’ai déjà bu trois (treize ?) verres de blanc, je vais faire nimp’ si je prends du rouge ». Qui n’a jamais essayé de se faire croire que si le saint ordre était respecté, tout irait bien le lendemain ? Qui ne s’est jamais aperçu qu’en fait c’était la quantité qui comptait ? Quid du rosé ? Hein ?

On connaît plusieurs origines à cette expression, et surtout plusieurs énoncés qui s’opposent. Dans la première version (dite la poétique), l’expression viendrait simplement de la marine (de bons buveurs d’après notre ami Jacques Brel) : si le pavillon blanc est au dessus (sur) le rouge, les marins restent à bord, rien ne bouge. Si le rouge est au dessus, c’est quartier libre, et là, tout fout le camp !

L’autre version (que nous baptiserons la pragmatique), cela vient de l’ordre dans lequel il faut déguster les vins, auquel cas l’expression est « Blanc puis rouge rien ne bouge, rouge puis blanc, tout fout le camp ». En effet, les tannins du vin rouge ont tendance à masquer le goût d’un éventuel vin blanc qui lui succéderait (les sensations foutent le camp), de même manière qu’un vin rouge en introduction est souvent un peu fort, et on lui préfère la vivacité d’un vin blanc, ainsi rien ne bouge, tout va bien.

Cependant, cela dépend plus des vins que de leur couleur ; un blanc moelleux après un rouge léger, c’est bien mieux que l’inverse ! Moralité, faite vous plaisir, seule la quantité bue décidera de si « rien ne bouge » ou si « tout fout le camp » !